Que désignent les vêtements musulmans en Inde ?

Les vêtements musulmans en Inde désignent un ensemble de tenues nées du dialogue entre les traditions persane, centrasiatique et indienne, portées par une minorité très nombreuse et très diverse. Il n’existe pas un costume musulman indien unique : un marchand du Cachemire, une famille de Lucknow, un pêcheur du Kerala et une étudiante de Hyderabad ne s’habillent pas de la même façon, et leurs choix tiennent autant à la région et au métier qu’à la religion.

Le sous-continent a aussi été un grand centre textile. Beaucoup de formes que l’on dit aujourd’hui « musulmanes », la tunique longue, le pantalon ample, le voile léger, se sont diffusées en même temps que les ateliers de coton, de soie et de brocart. La frontière entre le vêtement islamique et le vêtement indien est donc souvent floue, et c’est tant mieux pour qui cherche du choix.

Pour se repérer, on distingue trois grands ensembles : le Nord, avec la tradition du Cachemire et du Penjab ; le centre et l’Est, où se concentrent Delhi, Lucknow et Kolkata ; le Sud et l’Ouest, de Hyderabad à Mumbai et au Kerala. À chacun correspondent des tenues islamiques, des étoffes et des boutiques indiennes différentes.

Salwar kameez, dupatta et burqa : la mode musulmane féminine

Chez les femmes, le salwar kameez, longue tunique posée sur un pantalon ample serré aux chevilles, domine dans tous les milieux. Le dupatta, long voile léger, se drape sur les épaules ou sur la tête selon la tradition de la famille et l’occasion. Le sharara et le gharara, pantalons très évasés, sont réservés aux mariages et aux fêtes, notamment à Hyderabad et à Lucknow.

La burqa indienne est le plus souvent une longue robe noire accompagnée d’un voile, avec ou sans voile de visage selon les femmes. L’abaya d’inspiration arabe a gagné du terrain parmi les jeunes citadines, au point de cohabiter désormais avec la burqa traditionnelle dans les mêmes boutiques. Les avis des savants et des familles diffèrent sur le voile du visage ; chacune se détermine selon sa conscience et son entourage.

Dans les régions du Sud, le sari se porte aussi, avec un pan relevé sur la tête, tandis qu’au Cachemire le pheran, ample manteau de laine brodé, sert de vêtement d’hiver apprécié des deux sexes.

Kurta-pyjama, sherwani et topi pour les hommes

Pour les hommes, le kurta-pyjama, composé d'une tunique longue et d'un pantalon droit, est la référence lors de la prière du vendredi et des fêtes. Il se décline en coton fin pour l’été, en lin ou en étoffe plus épaisse pour la saison fraîche. La lungi, tissu enroulé à la taille, reste courante dans le Sud et au Bengale.

Pour les grandes occasions, l’achkan et le sherwani, longues vestes boutonnées jusqu’au col, sont portés par les mariés. La topi, calotte de prière, se porte brodée, tricotée ou simple, et son style indique parfois la région d’origine de celui qui la porte. Ces modèles figurent parmi les vêtements musulmans que l'on confie le plus aisément à un tailleur.

Les enfants portent souvent une version réduite de ces tenues pour l’Aïd : petit kurta, topi brodée pour les garçons, salwar kameez ou robe longue pour les filles. Les familles les font coudre en même temps que ceux des adultes.

Chaleur, mousson et choix des étoffes

Le climat varie du froid de l’Himalaya à la chaleur humide des côtes. Dans la majeure partie du pays, le coton fin, le mulmul, très léger, et la viscose fluide sont préférés pour les tenues islamiques longues, car ils respirent et sèchent vite pendant la mousson. Le georgette, plus soyeux, est réservé aux fêtes.

Le chikankari, broderie fine de Lucknow, orne les tuniques en coton et en mousseline. Les brocarts de Varanasi et les soies sont des étoffes de mariage. Le chiffre d’affaires de ces artisanats dépend en grande partie de la saison des noces et des fêtes de fin de Ramadan.

Les marchands conseillent de laver les tissus brodés à la main et à l’envers, et de vérifier la tenue des couleurs avant d’acheter en grande quantité.

Où trouver des boutiques indiennes : Hyderabad, Delhi, Mumbai, Kolkata

À Hyderabad, les environs de Charminar et du marché de Laad Bazaar sont célèbres pour leurs étals de burqas, de voiles et de tissus de mariage. À Delhi, les ruelles qui entourent Jama Masjid, dans la vieille ville, regroupent des boutiques indiennes de tuniques, de topis et de chaussures.

À Mumbai, la Mohammed Ali Road et le quartier de Bhendi Bazaar s’animent surtout pendant le Ramadan, avec des étals ouverts tard dans la nuit. À Kolkata, la zone de New Market et de Zakaria Street offre un choix de tissus et de vêtements très prisé avant l’Aïd. Lucknow est la ville de référence pour le chikankari.

Les grandes villes ont aussi des centres commerciaux et des enseignes en ligne qui livrent dans tout le pays. Dans les petites villes, le tailleur du quartier reste souvent la meilleure adresse : on choisit l’étoffe au marché, puis on la lui confie avec ses mesures.

Aïd, mariages et Muharram : les moments d’achat

Eid al-Fitr, appelé Id ou Eid, est la grande période d’achat : les familles étrennent des tenues neuves, et les boutiques prolongent leurs horaires. Eid al-Adha, ou Bakrid, donne lieu à des achats similaires, avec davantage de demande pour les tenues sobres et pratiques.

Les mariages mobilisent les tailleurs pendant des semaines. À Hyderabad, la mariée peut porter un khada dupatta, ensemble traditionnel de cérémonie. À Muharram, les couleurs sombres ou le noir sont choisis dans certaines communautés chiites ; ces habitudes varient selon les familles et les courants, et se décrivent ici sans jugement.

Droit applicable et protection des acheteurs

La liberté de religion est inscrite dans la Constitution de l'Inde, et la manière de s'habiller a suscité des débats dans l'opinion. Depuis 2022, la question du voile dans les uniformes scolaires de l’État du Karnataka a suscité des décisions de justice et des discussions suivies dans tout le pays ; il s’agit d’un sujet sensible, que le lecteur peut suivre dans la presse.

Côté consommation, la loi de 2019 sur la protection des consommateurs prévoit des commissions de règlement des litiges au niveau des districts. Avant de régler un achat sur internet, on lira les modalités de renvoi et on conservera la preuve de sa commande.

Demander un reçu, même sur un petit étal, permet de revenir plus tard en cas d’erreur de coupe ou de mesure.

Conseils pour acheter sur un bazar indien

Sur les marchés, on marchande souvent : il vaut mieux comparer plusieurs étals avant de proposer un montant, et rester aimable. Les tissus au mètre sont mesurés devant l’acheteur ; prévoir de la marge pour l’ourlet et le rétrécissement au premier lavage.

Les périodes de forte affluence, la veille de l’Aïd surtout, rendent les ruelles très denses. Préférer la matinée, porter des chaussures confortables et ranger l’argent dans un sac fermé. Pour les visiteurs, une tenue couvrante est bienvenue dans les quartiers anciens.

Questions fréquentes

Quelle est la tenue féminine musulmane la plus courante en Inde ?

Le salwar kameez, tunique longue sur pantalon ample, accompagné du dupatta. La burqa et l’abaya sont aussi répandues, surtout dans les villes comme Hyderabad, Delhi ou Mumbai, selon les familles et les convictions de chacune.

Où acheter une burqa à Hyderabad ?

Les rues proches de Charminar et de Laad Bazaar comptent de nombreux commerces de burqas, de voiles et de tissus de mariage. On y trouve des modèles prêts à porter comme des ateliers qui cousent sur mesure.

Que porte un homme musulman pour la prière du vendredi ?

Le plus souvent un kurta-pyjama en coton, souvent blanc ou de couleur claire, avec une topi sur la tête. Certains préfèrent la chemise et le pantalon ; il n’existe pas d’obligation uniforme, les usages varient selon les régions.

Peut-on faire coudre un vêtement sur mesure ?

Oui, c’est très courant. On achète l’étoffe au bazar puis on la confie à un tailleur de quartier, qui demande quelques jours à quelques semaines selon la saison. Avant l’Aïd, mieux vaut commander tôt.