Chador : définition et forme

Le chador prend la forme d'un grand demi-cercle coupé dans une longue étoffe, posé sur la tête, qui enveloppe le corps et descend jusqu'aux pieds. Il n'a ni manches ni fermeture : la femme le tient fermé avec la main ou le serre sous le menton. Le mot vient du persan et signifie à l'origine tente, ce qui dit bien l'impression d'un abri portatif.

Il se porte par-dessus une tenue ordinaire, robe ou tunique et pantalon, et souvent avec un petit foulard dessous. Ce grand voile enveloppant laisse le visage découvert, contrairement au niqab : c'est une différence importante, car les deux sont parfois confondus dans le langage courant.

Il est avant tout associé à l'Iran, mais on le rencontre aussi dans les communautés chiites d'Irak, d'Afghanistan, du Pakistan, du Liban et du Golfe, ainsi que dans la diaspora iranienne en Europe et en Amérique du Nord. Chaque région a ses couleurs, ses tissus et ses façons de le porter.

Un voile iranien aux couleurs et aux tissus variés

Dans la rue et dans les lieux officiels, le chador est le plus souvent noir, ce qui lui donne l'allure d'une grande cape sombre. À la maison et pour la prière, on trouve des chadors blancs ou à fleurs, légers, parfois avec des motifs pastel, que les femmes mettent au moment de prier et retirent ensuite.

Le crêpe, le georgette, la mousseline, le jersey fin et certains tissus synthétiques fluides sont les plus utilisés. Les matières lourdes ou mal coupées tombent mal et s'accrochent. Un bon chador est suffisamment large pour envelopper sans gêner la marche, et assez léger pour ne pas peser sur les épaules.

En été, le coton et la viscose fine sont plus agréables. En hiver, un tissu plus dense, voire doublé, protège du froid. Les chadors de voyage se plient facilement et passent dans un sac. Tous les tissus ne se valent pas : le glissement du tissu sur la tête est un critère important.

Chador de prière : un usage à part

Le chador de prière, souvent blanc et orné de petites fleurs, est conçu pour couvrir toute la silhouette pendant la prière. Il est assez ample pour permettre les prosternations sans se prendre dans les pieds. Dans certaines versions, il est cousu avec un élastique autour du visage ou muni d'une ouverture, ce qui évite d'avoir à le tenir à la main.

Beaucoup de femmes iraniennes, dans les maisons comme dans les mosquées, l'enfilent uniquement pour prier. Dans les sanctuaires, certains lieux prêtent des chadors aux visiteuses qui n'en portent pas, pour leur permettre d'entrer dans l'enceinte avec une tenue conforme aux usages du lieu.

La prière demande que certaines parties du corps soient couvertes, et les écoles divergent sur la manière précise. Le chador est une solution pratique, mais elle n'est pas la seule : un long voile et une robe ample, ou une tenue de prière en une pièce, remplissent le même rôle pour de nombreuses femmes.

Histoire et contexte social

L'usage d'un grand voile couvrant les femmes est ancien dans l'aire persane, et il a connu des périodes très contrastées. Au XXe siècle, les autorités iraniennes ont successivement encouragé ou découragé son port, avant que la tenue ne devienne un marqueur politique et social pendant et après la révolution de 1979.

Aujourd'hui, la situation est nuancée. Beaucoup de femmes le portent par conviction religieuse ou par tradition familiale, d'autres préfèrent un manteau et un foulard, et le débat est vif au sein du pays comme dans la diaspora. Parler de ce voile sans caricature suppose de distinguer ces motivations.

En dehors de l'Iran, il est surtout porté lors des cérémonies religieuses comme les commémorations de Muharram et d'Achoura, lors des pèlerinages vers Machhad, Qom, Kerbala ou Nadjaf, et dans les lieux de culte chiites, où il est souvent noir.

Comment porter un chador avec aisance

On place le centre du tissu sur le sommet de la tête, on ajuste de chaque côté, puis on rassemble les deux bords devant le menton ou la poitrine. On les tient avec la main, ou on les fixe avec une petite épingle discrète. Le reste du tissu tombe sur le dos et les épaules.

Les débutantes apprennent à gérer la longueur : le bord ne doit pas traîner au sol, mais ne pas laisser apparaître les chevilles selon sa pratique. Pour monter les escaliers ou entrer dans un véhicule, on relève un côté avec la main libre. Les sacs se portent en bandoulière sous le tissu.

Certaines préfèrent un chador à manches ou à ouverture, plus pratique pour les mouvements. Des modèles prêts à porter, avec élastique ou fermeture à pression, évitent de le tenir en permanence. Pour travailler, il est souvent remplacé par une tenue plus ajustée et plus courte.

La couleur du dessous compte aussi : on choisit une tenue de base simple et ample, de teinte neutre, pour ne pas voir de reliefs ni de motifs à travers un tissu fin, surtout par temps chaud ou sous une forte lumière.

Entretien et achat d'un chador

Le lavage se fait à l'eau fraîche ou tiède, plutôt à la main, ou bien en machine dans une grande pochette de protection. Le crêpe et le georgette se sèchent à plat ou sur un cintre, sans essorage violent. Un repassage léger, à fer doux, remet les plis. Un rangement roulé évite les marques.

À l'achat, on regarde la largeur, la longueur, la tenue du tissu et l'opacité. Un chador doit tomber sans se coller au corps. On évite les tissus qui chargent en électricité statique ou qui boulochent vite. La teinte noire doit être profonde et stable aux lavages.

On en trouve dans les bazars d'Iran, notamment à Téhéran et à Qom, dans des boutiques spécialisées des quartiers chiites en Irak, au Liban ou en Europe, et auprès de commerçants en ligne. Pour un envoi depuis l'étranger, il vaut mieux vérifier les délais et les frais de douane.

Chador et autres voiles : se repérer

Le chador diffère de l'abaya, qui est une robe-manteau avec des manches, et du jilbab, vêtement ample avec ouvertures. Il n'est pas non plus un khimar, voile long enfilable qui couvre le haut du corps. Le point commun est le principe d'envelopper le corps ; les formes sont bien distinctes.

Dans certains pays, les femmes alternent chador pour les lieux de culte et manteau pour la vie courante. À la mosquée, on retrouve des femmes en abaya, en jilbab ou en chador, côte à côte, ce qui illustre la diversité des pratiques.

Sur la question de la tenue, les points de vue des savants varient, de même que les traditions locales. Celle qui balance entre ces possibilités peut s'entretenir avec une personne compétente de son milieu, le chador n'étant en aucun cas présenté comme l'unique solution.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un chador ?

C'est un grand voile semi-circulaire, ouvert devant, qui couvre la tête et le corps jusqu'aux chevilles. La main ou le menton le retient, et il recouvre des vêtements ordinaires. Il est caractéristique de l'Iran et des communautés chiites.

Le chador couvre-t-il le visage ?

Non, il laisse le visage découvert. C'est ce qui le distingue du niqab. Certaines femmes ramènent un pan devant la bouche en présence d'inconnus, selon leur habitude, mais ce n'est pas une règle générale.

Pourquoi certains chadors sont-ils blancs et fleuris ?

Les modèles blancs parsemés de petites fleurs sont réservés avant tout à la prière, chez soi ou à la mosquée. Les chadors noirs sont portés plutôt à l'extérieur et dans les cérémonies religieuses comme celles de Muharram.

Comment l'entretenir ?

On le lave à basse température, à la main ou en filet, on le sèche à plat ou sur un cintre et on le repasse doucement. Un rangement roulé évite les plis. Les tissus fins ne supportent pas l'essorage fort.