Bonnet kufi, taqiyah : définitions et nuances
Un bonnet kufi est une petite coiffe sans bord, plate ou légèrement bombée, qui couvre le sommet de la tête. Le mot, d'usage courant en Afrique de l'Ouest et dans les communautés musulmanes d'Amérique du Nord, désigne le plus souvent un modèle arrondi, parfois à fond plat, en tissu ou en maille.
La taqiyah est le terme arabe pour une calotte voisine, utilisée dans le monde arabe et par extension dans le monde musulman. On l'appelle aussi calotte de prière lorsqu'elle sert à la salat. En Afrique du Nord, on dit parfois taguiya ou tagiya, en Turquie takke, en Asie du Sud topi.
Ce petit objet n'est pas qu'un détail vestimentaire. Il accompagne l'homme dans la mosquée, lors de la lecture du Coran ou des fêtes. Pour savoir si couvrir sa tête durant la prière est conseillé ou simplement permis, les juristes ne sont pas unanimes ; mieux vaut s'adresser à un érudit proche de chez soi.
Taqiyah et kufi : des formes régionales variées
En Afrique de l'Ouest, les kufis sont souvent en tissu raide ou en coton brodé, avec un fond plat et un bord droit. Au Nigeria, on trouve des modèles plus hauts, dont la broderie suit des motifs géométriques élaborés. Aux États-Unis, le kufi est également porté par des communautés afro-américaines.
Les taqiyahs du monde arabe sont fréquemment en coton blanc, ajouré ou cousu, plus fin. Les calottes crochetées, en fil de coton, sont courantes en Égypte, en Palestine et au Levant. Elles se plient dans la poche, se lavent facilement et laissent passer l'air, ce qui les rend agréables par temps chaud.
En Asie centrale et en Asie du Sud, on rencontre des coiffes brodées de formes plus hautes ou plus ornées, comme le topi d'Afghanistan et du Pakistan. En Asie du Sud-Est, la coiffe courante est plutôt le songkok ou le peci, de forme plus rigide. Ces différences de vocabulaire expliquent que le même objet reçoive plusieurs noms.
Matières du bonnet de prière : coton, crochet, feutre
Pour une calotte, le coton est le matériau le plus répandu. Il respire, boit la sueur et passe sans mal à la lessive. Le coton cousu en plusieurs couches garde mieux sa forme, tandis que le tricot de coton, élastique, s'adapte à plusieurs tailles de crâne.
Le crochet donne des calottes aérées et délicates, que l'on trouve en blanc, en crème ou en couleurs vives. La laine et le feutre, plus chauds, conviennent à la saison froide. Un feutre trop épais peut échauffer et laisser des marques sur le front ; essayez-le avant d'acheter, à l'intérieur comme à l'extérieur.
Quelle que soit la matière, évitez les doublures irritantes et les coutures épaisses au niveau du front. Elles se sentent dès que l'on se prosterne et que le front touche le sol. Un tissu trop glissant fait aussi tomber la calotte à chaque inclinaison, ce qui perturbe la concentration pendant la prière.
Choisir sa taille et sa forme
Prenez le tour de tête à hauteur du front, un doigt au-dessus des sourcils. Les coiffes élastiques acceptent une marge de quelques centimètres, les modèles cousus n'en ont presque pas. Trop étroit, le bonnet donne la migraine ; trop large, il glisse et oblige à le remettre en place constamment.
La hauteur varie selon la tradition : les calottes très plates se posent sur le sommet du crâne, les modèles hauts couvrent davantage le haut du front. Les formes arrondies conviennent à la plupart des visages, tandis que les formes plus carrées demandent un tissu rigide pour garder leur silhouette.
Le choix de la couleur obéit aux usages. Le blanc est largement associé à la prière, notamment dans le monde arabe et en Asie du Sud. Le noir, le gris, le bleu ou le vert sont courants au quotidien. Les motifs brodés se choisissent selon le contexte : sobriété à la mosquée, plus de fantaisie pour les fêtes.
Porter un bonnet de prière au quotidien
Certains hommes portent leur calotte toute la journée, au travail comme à la maison, tandis que d'autres l'enfilent seulement pour la prière ou à la mosquée. Les deux pratiques coexistent sans difficulté. Il est utile d'en avoir une de rechange dans la poche, car elle peut se perdre ou se salir.
Dans le cadre professionnel, le port d'une coiffe religieuse peut soulever des questions selon le pays et la fonction. En France, le droit du travail et le principe de laïcité laissent une place à des règles d'entreprise ; pour une situation personnelle, mieux vaut interroger le service juridique ou un conseil qualifié.
La calotte se combine avec un qamis, une djellaba, une chemise ou un simple tee-shirt. Pour une tenue plus soignée, on l'assortit à la couleur de la robe. En hiver, elle se porte sous un bonnet de laine ou une capuche, ce qui fait d'elle un accessoire discret et pratique.
Occasions : mosquée, Aïd, pèlerinage et vie sociale
À la mosquée, la calotte se voit dans toutes les rangées, du plus jeune au plus âgé. Au vendredi, on privilégie une pièce propre et sobre. Lors de l'Aïd, on peut choisir un modèle brodé ou de belle matière, à l'image du vêtement de fête, avec une teinte qui s'accorde au reste de la tenue.
Lors du pèlerinage, l'homme en état de sacralisation revêt un vêtement particulier et, selon l'avis majoritaire, ne se couvre pas la tête ; la calotte reste donc dans la valise pendant cette phase. Le groupe organisateur du voyage et un guide religieux expérimenté renseignent sur les règles de cette phase.
Dans la vie sociale, le bonnet kufi est un signe d'appartenance, mais aussi un objet de transmission : on le reçoit d'un parent, on l'offre à un jeune pour son premier jeûne ou à l'occasion d'une conversion. Ces gestes donnent à la coiffe une valeur affective qui dépasse sa fonction pratique.
Prendre soin d'une calotte et la choisir
Pour le coton comme pour le crochet, frottez doucement à l'eau froide ou tiède, ou passez-les en machine protégés dans un filet, puis étalez-les sur une serviette éponge. Le feutre se brosse et s'éponge. Une calotte brodée se lave à l'envers. Évitez la sécheuse, qui rétrécit le tricot. Avec un peu d'amidon, on redonne de la tenue au coton.
Pour l'achat, comparez la composition, la hauteur et l'élasticité. Dans les boutiques de quartier, on peut essayer plusieurs modèles ; en ligne, vérifiez le tour de tête annoncé et la possibilité de retour. Une calotte étant portée à même la peau, certains vendeurs n'acceptent pas les retours : vérifiez leur politique avant de commander.
Les artisans proposent des pièces crochetées ou brodées main, plus chères mais durables. Les modèles industriels, moins coûteux, conviennent à un usage intensif. Un petit stock de calottes blanches, simples et lavables, rend service à toute la famille, notamment lors des visites et des fêtes.
Questions fréquentes
Quelle différence entre kufi et taqiyah ?
Les deux désignent une petite calotte portée sur le haut de la tête. Kufi est d'usage courant en Afrique et en Amérique du Nord, taqiyah est le terme arabe. Les formes, les matières et les hauteurs varient selon les régions.
Faut-il porter un bonnet de prière pour prier ?
Les juristes divergent : certains la recommandent, d'autres la jugent facultative. Nombre d'entre eux s'en coiffent par coutume ou par déférence. Un imam de quartier peut préciser la pratique de l'école suivie.
Quel tissu supporte le mieux la chaleur ?
Le coton fin et le crochet de coton sont les plus respirants. Ils absorbent la transpiration et se lavent facilement. Évitez le feutre et la laine, plus chauds, qui conviennent à l'hiver.
Comment choisir la bonne taille de calotte ?
Mesurez le tour de tête au niveau du front, au-dessus des sourcils. Un modèle élastique accepte plusieurs tailles, un modèle cousu doit être exact. Essayez-le en position de prosternation : il ne doit ni glisser ni serrer.
